01-07-09
Des ateliers pour tous
Les ateliers auront permis aux estivants et habitants de tous les âges :
- de se côtoyer et ce dans des lieux de culte ou de loisir, dans des lieux publics ou privés
- de travailler autour de l’image, du texte, de la danse, de la musique, etc.
- de travailler à l’émancipation/affirmation de leur projet personnel
- de confronter/mettre en lumière leur regard, leur geste vis à vis des autres
Et ainsi de s’enrichir, de s’affirmer et d’accéder à une réceptivité, une écoute précieuses.
A l’Ermitage, pour l’atelier « slam et handicap », des jeunes du centre de loisirs, des touristes, des vacanciers handicapés et les animateurs et bénévoles qui les accompagent ont partagé ensemble l’univers de Nevchehirlian, travaillé à des écrits collectifs et composé leurs propres textes : poèmes ou slam. Ce faisant ils ont partagé bien plus, sorte de formation continue pour l’encadrement des personnes handicapées, la semaine du festival a ouvert en grand les horizons culturels : à 1h30 du matin le vendredi, ils étaient encore là au premier rang de la salle à écouter et applaudir le concert…
Les textes issus de l’atelier, véhiculent une langue et une énergie exceptionnelles : un souffle de vie et d’intelligence dont on imagine mal au premier abord qu’elles en sont les auteurs : ces personnes, entravées et marquées physiquement du sceau de douleurs. On n’imagine pas, il faut un temps pour entendre, pour voir, qu’elles sont là, présentes au monde. Au delà des poèmes, des mots, Mens alors ! et l’Ermitage Jean Reboul choisissent vigoureusement de mettre en partage à la fois ces regards que nous portons immédiatement – gênés -, et ce regard qui change, s’échange – quand nous dansons ensemble surtout et qu’elles rient. C’est une aventure pleinement partagée.
Lors des « jam », « slam sessions » et « têtes à têtes », elles ont présenté leurs textes devant plus de 450 personnes et les ont « joués » avec des musiciens, des danseurs…
La « slam session » a été magnifique, variée et poétique. La parole prise par les personnes handicapées, brute et sans chichi fut une pure parole de poète, sans rien envier à Gherasim Luca ou Kurt Schwitters.
La « Visite discrète en chanson » avec Anne-Laure Poulain à l’EPHAD a offert aux personnes âgées dépendantes un grand moment de chaleur et de partage. Anne-Laure a chanté, avec eux… ils et elles ont chanté. Les familles se sont approchées. D’autres sont allés chercher la grand-mère. Les spectateurs se sont approchés sur la pointe des pieds. Puis, tous chantaient, ensemble, en douceur : un bonheur !
Autre exemple, « Ton festival ! » celui des enfants, qui ont pris part activement au festival en vivant une semaine inoubliable avec des danses, des jeux avec leurs parents, des reportages, des embuscades, des concerts et lectures spécialement créés pour eux. La « Roue » (Jam avec tirage au sort) a mis en jeu 20 musiciens et danseurs qui ne se connaissaient pas avec une concentration redoutable.
Dans « Re-connaissance / le jeu », la plasticienne a entraîné 6 spectateurs à photographier et réaliser un rumik’s cube de leur création, permettant sans « transformer » de re-composer à loisir (par fragments) leur image. Cette image composite
Le « Coaching de star » a été vite complet et s’est assorti de séances supplémentaires pour mener à la création notamment d’une vidéo d’une grande force : une personne handicapée s’exprime en disant « je suis Saddam Hussein » ; sans oublier « Mens rock, où sont les filles » de Pablo, jeune garçon qui est allé jusqu’à faire « spliter » son groupe pour ce projet. Ce coaching aura permis à d’autres encore de se livrer dans un en-jeu très intime et de dépasser les limites de leur pratique artistique.
Le Kararocké a enfin comblé les musiciens, les chanteurs et le public. Réunis en plein air, devant la salle des Sagnes, un combo rock puissant développait les riffs ravageurs de grands tubes (Rolling stones, clash, nirvana…) quand les chanteurs (jusqu’à 4 sur le même morceau) empoignaient le micro et sidéraient la foule par leur énergie résolument rock !
Le lien c’est donc déjà ces CONNEXIONS entre des individus d’origine, de culture et de style différents. C’est aussi le jaillissement et le partage d’un propos singulier s’intégrant au collectif. Seulement le geste, la gêne, le talent prennent des visages très différents. Les finesses et subtilités du propos pâtissent parfois d’un manque de technique ou d’une euphorie par (trop ?) sonore. Cette vision « à plat » est nuancée dès que nous voyons la scène avec recul : des amateurs éblouissants de désir et de plaisir. Une « mêlée », une « fête », un « anti-carnaval » où les masques tombés, les uns et les autres avancent joyeusement à visage découvert.
Les gestes se frottent, se reçoivent en pleine figure : les artistes et les publics font un instant SOCIETE. Ça bout. Ça trépigne. Ça épate. Et finalement la solitude et le choix de chacun apparaissent clairement comme des espaces à vivre, à créer, à EXISTER. Quelle ode à la vie, à l’art !
Mais le lien, c’est aussi le FAIT de plonger dans un concert hors norme, de découvrir aimer, d’aimer découvrir. Sans être plongés dans le noir, sans être assis dans un gradin de théâtre… on est là face au spectacle (à 35 dans un salon, à 600 dans un jardin, à 138 sur un chemin), on est là face à face les uns des autres à se voir aimer découvrir. Et que ce moment se produise à l’église puis au temple, dans un local commercial bien connu des habitants, en compagnie de personnes handicapées dansant hilares… voilà la preuve ! Pour être partagés, de si près, de tous les côtés, dans des espaces aménagés de presque rien, ces moments existent et nous font exister.
Aimer un spectacle sur Brassens, prendre du plaisir à danser, écouter Stravinsky et le conte du soldat, ne sont ni plus ni moins forts et légitimes que l’EMOTION dans laquelle nous plongent les improvisations obscures et si lumineuses de Pauvros ou Agnel, les cris de Combi, les chassés croisés tendres de Deborah Walker et Greg Gilg.
L’éthique du projet et son soucis du lien social se sont affirmés à travers :
- l’engagement appuyé des artistes pour « échanger et créer »,
- la structuration des partenariats sociaux-culturels (publics handicapés, pensionnaires de la maison de retraite, jeunes et enfants),
- le développement d’ateliers permettant de s’inscrire une heure comme une semaine entière dans une activité artistique et culturelle
- l’implication des habitants, hébergeurs, partenaires et bénévoles locaux
- le renforcement de liens entre les artistes, entre les ateliers
- le partage de la pensée, des souvenirs, de la parole de personnes handicapées ou des anciens avec la population festivalière, en les mettant en jeu dans une invention littéraire ou musicale
- le « faire danser, écrire, chanter et jouer » à des débutants, des amateurs, avec des professionnels
- le « faire ressentir » la beauté d’un art brut ou naïf aux côtés d’un art virtuose
Ainsi Mens alors ! a-t-il gagné de nouveaux territoires, trouvé un nouveau souffle, conquis de nouveaux publics.
Ainsi un espace de rassemblement, d’échange, un espace cohérent où la création puisse s’épanouir a été re-créé.
Derrière ces faits, il y a un travail, un processus. Il y a une équipe, une méthode, il y a des moyens mutualisés et soutenus par nos partenaires. Le financement des collectivités bien sûr (mairie, département et région), mais aussi le financement des société civiles ADAMI et SPEDIDAM qui soutiennent directement l’embauche des artistes impliqués dans le festival. Enfin, il y a la Fondation de France, venue compléter celui du Conseil général, et qui a permis d’assurer le développement du volet « Culture et lien social » et d’asseoir l’originalité et la qualité du festival.
!
09-03-09
Prévoyez de participer !
A Mens alors ! le spectateur est actif, il se promène dans Mens, dans le Trièves, de spectacle en spectacle... Et ses aventures commencent par des ateliers – slam, danse, musique, chant, performance arts plastiques –.
10-09-08
Culture et lien social
"Reliques" Installation d'objets, collecte de souvenirs écrits, film témoignage de souvenirs liés aux objets, lecture et musique, inspirée de la Vie d'Eugène et Clara, in Vies Minuscules, Pierre Michon.
Avec Deborah Walker, violoncelle, les comédiens Emmanuelle Cordoliani, Frédérique Costa, les plasticiens Paat' et PlastikLison, le photographe et vidéaste Francis Helgorsky, les plumes Véronique Cornouailles et Brigitte Michaux, Francis Leblon, les équipes des EPHAD (maisons de repos de Mens), Nadine Cros et Catia Appaix, Ecoute/Voir et Denis Michel.
(Plus d'info dans les rubriques Culture et lien social ; Paroles vives)
04-09-08
Bilan 2008
HOURRA : OBJECTIFS ATTEINTS !
Avec fluidité et pour sa 6e édition, Mens alors ! a rencontré le succès, un succès mesurable à la fréquentation avec 4 871 spectateurs cumulés (spectacles, balades, déambulations, expositions et ateliers).
Un succès mesurable aussi et surtout aux résultats obtenus pour les différents défis qu’il s’était donné :
- remplir ses salles sans recourir aux têtes d’affiches
- offrir un spectacle de qualité entre artistes triévois, grenoblois, rhône-alpins et au-delà
- faire confiance aux jeunes créateurs, leur offrir toute liberté et les meilleures conditions
- orienter le public et lui permettre d’assister au maximum de spectacles
- proposer des trajectoires surprenantes et cohérentes entre les paysages et les spectacles
- pérenniser les piliers de son programme tout en renouvelant les trajets et les angles de vues
- mettre en œuvre la confrontation d’esthétiques et d’arts aussi forts que différents
- donner naissance à des évènements uniques et précieux
- se doter d’une identité forte : celle du brassage, de l’exigence, de la surprise, de la diversité et de la qualité
Elément central du projet, la question du lien social dans la confrontation à l’art est transversale avec un certains nombre d’actions visant à intégrer les publics les plus divers, les jeunes et les plus âgés, les citadins, les touristes et les paysans, les habitants et les personnes handicapés.
Il n’y a pas un spectacle pour les jeunes, un pour les enfants, etc. Il y a un festival pour tout le monde.
Au-delà de l’aspect financier (tarifs, forfaits) et de la qualité de l’information donnée au public, cet objectif pour être atteint suppose des actions proposant de voir, d’entendre, d’échanger, de danser, de montrer, de pratiquer, de partager – toujours autour des œuvres d’art.
L’art n’est à aucun moment un prétexte, c’est une fin.
Les objectifs artistiques et sociaux avancent simultanément.
FESTIVAL EN TRAVAUX : RENOVATIONS 2008
- Passer du chapiteau à la salle des fêtes ; transformer la salle des fêtes de Mens en Palais des arts pour y accueillir des groupes originaux défendant leur nouvel album ; y proposer des moments inattendus avant la fête
- Faire danser et se produire des personnes handicapées avec « les autres » en sollicitant leur propre invention
- Partager la pensée, les souvenirs, la parole de personnes handicapées ou des anciens avec la population festivalière, en les mettant en jeu dans une invention littéraire ou musicale
- Faire lire, danser, chanter et jouer de la musique à des débutants, des amateurs, avec des professionnels
- Faire ressentir la beauté d’un art brut ou naïf aux côtés d’un art virtuose
- Associer les habitants des villages alentour à des rencontres à Mens et diffuser le produit de ces rencontres ; relativiser la distance entre des habitants que 15 km séparent
- Mettre les arts plastiques au cœur du programme et non à la marge (dans des créations pluridisciplinaires, des parcours)
- Rendre l’atelier rigodon itinérant en investissant les rues et en associant d’avantage les enfants, pallier au désistement des danseurs folks
- Attirer le public à Terre vivante, à pied, en covoiturage, pour 5 heures de spectacle
- Intégrer des objets divers glanés chez l’habitant, des objets de récupération aux œuvres d’art
- Ouvrir les habitations et créer des spectacles au garage, dans des locaux commerciaux
- Renforcer l’implication des habitants, hébergeurs, partenaires et bénévoles locaux
Ainsi Mens alors ! a-t-il gagné de nouveaux territoires, trouvé un nouveau souffle, conquis de nouveaux publics. Ainsi un espace de rassemblement, d’échange, un espace cohérent où la création puisse s’épanouir a été créé.
08-04-08
Culture et lien social
CULTURE ET LIEN SOCIAL : LE GROS MOT ?
Une recherche-action originale sur le thème essentiel « culture et lien social »
Le festival s’est construit autour du sous-titre « échange et création ». Bien plus qu’un slogan, ce sous-titre est un engagement. Un engagement collectif à construire ensemble.
Depuis 6 ans, l’équipe n’a de cesse de donner du sens à cet engagement prenant appui sur les épreuves, les joies, le désir de pousser plus loin la qualité artistique, le choc des confrontations esthétiques, entre « art étrange », « art de l’ellipse » et « art festif »… et l’entêtement à ne jamais renoncer à ce que l’équipe, les partenaires et la population trouvent leur place dans ce projet.
Ce n’est pas un affichage, une vaine parole, un voile pudique recouvrant des égoïsmes qui auraient renoncé à se confronter. Ce n’est pas un festival rouleau compresseur, ce n’est pas un festival fermé, ce n’est pas une foire : c’est de l’art !
Un spectacle est toujours inscrit dans un contexte : une ville, une température, une population, un autre spectacle avant ou après ou les deux…
Or, sans boîte noire, sans théâtre… il est impossible de nier le contexte.
La réalité, les artistes la prennent en pleine figure !
Accueillir la population dans le parcours, investir des interstices, donner toute liberté aux artistes et les contraindre à la cohabitation, faire du geste libre, une fête : voilà les axes d’une méthode qui se construit avec les publics avec les partenaires.
…POUR Y PARVENIR : DIALOGUER, CHERCHER, FAIRE DU SUR MESURE…
Nous partons d’un résultat constaté
Si, lors de l’édition Mens Alors 2008, il n’y a pas, faisant partie du public, des pensionnaires de l’Ermitage Jean Reboul (résidence d’été pour personnes handicapées) ou de la Villa Cayeux, il y aura une profonde déception chez tous les participants au festival.
Pour garder cette dynamique, deux conditions implicites sont à remplir
1. Que le festival ait lieu et attire un large public !
2. Que la programmation du festival soit suffisamment attractive pour générer un enthousiasme communicatif, élément nécessaire pour satisfaire un tel public à priori non demandeur.
Quel est le public concerné par cet effort de création de lien social ?
o Il s’agit des personnes tenues éloignées de la société représentée « par le plus grand nombre », du fait d’un handicap de quelque nature que ce soit.
o A noter que le rapprochement, fait en commun, avec des personnes supportant un handicap visible crée, par ricochet, du lien entre personnes « normales », ceci par le partage d’une émotion authentique.
o A noter que les variations du programme, font de ce lien ENTRE les publics un lien AVEC des œuvres qu’une partie de la population de fréquente pas (et vis-à-vis de laquelle elle entretient de nombreux préjugés qui sont autant de barrières)
NB : A noter l’objectif secondaire d’un élargissement de la population amenée à fréquenter des œuvres injustement qualifiées d’élitistes parce qu’en général elle ne touche pas tous les publics
Le principe de notre démarche
Nous partons de l’idée « qu’il est plus facile de donner que de recevoir ». Il s’agit donc de mettre les personnes qui le peuvent en situation de donner à un plus grand nombre.
Schématiquement, cette démarche comprend trois termes
1. Un travail d’élaboration
Il peut s’agir de groupes de parole, ou d’une activité relevant de loin ou de près de l’art thérapie. Ce travail est généralement mené dans un cadre institutionnel ou associatif.
2. Un temps d’exposition
Le festival permet de s’adresser à un public considérablement plus large que celui auquel le travail aurait pu être normalement présenté.
3. Une médiation de caractère artistique
Il faut, d’un côté, respecter le travail réalisé par les personnes handicapées et d’un autre ne pas prendre le public en otage d’une expression qu’il n’est pas à même de recevoir.
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Projets / Personnes handicapées
- l’Ermitage Jean Reboul (personnes handicapées, en séjour d’été)
Après trois ans de travail axé sur la chorégraphie, cet établissement cherche à renouveler son approche en considérant des personnes handicapées comme des danseurs « normaux »
Performance, danse, éducation populaire
> Des talents de tous à la place publique, ateliers du 4 au 9 août et participation à la parade
Associer tous les publics selon leur désir, leur compétence. Associer des vacanciers handicapés de l'Ermitage Jean Reboul et leurs référents à un groupe de danseurs valides, autour de l'artiste chorégraphe et performer Juha Pekka Marsalo. Compagnon de Carolyn Carlson, on l’a vu au CCNN de Roubaix, aux Laboratoires d’Aubervilliers, au Grand Palais...
Sous la forme d'un atelier d'une semaine, l'artiste propose aux participants de développer leur idée, leur geste à partir de presque n'importe quel support (un texte, un mouvement, une chanson...). Il propose ainsi la confrontation libre des "danseurs" les uns aux autres. Ensemble, ils participeront à la Parade de la clôture du festival où les rues de Mens seront pleines de monde (et où la Fanfare de la Touffe et Bampots proposeront une fanfare interactive avec le public : il ne restera plus qu'à danser !).
Ces deux derniers projets intègrent des publics souffrant de handicaps parmi d'autres publics danseurs ou comédiens, puis à l'ensemble de la population dans un spectacle ou dans la parade.
Le travail spécifique est ici tourné vers l'art et la fête.
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- La Villa Cayeux (personnes cérébro-lésées)
Il est question de refaire l’expérience d’une pièce de théâtre supportée par le Théâtre du Sud Est (Mohamed Boumeghra) en proposant exposition et médiation. La médiation joue sur 3 tableaux, le premier est historique et littéraire (collaboration à l’écriture, écho sur les alexandrins, l’époque de Louis XIV, etc.), le second est théâtral (collaboration à la mise en scène de cette double soirée), le troisième est musical (contribution des musiciens au spectacle de la Villa).
La Cage précieuse des monstres
> De Versailles story au temple de Mens, le mercredi 6 août, 20h
Egalement dans le cadre de l'accueil de ce spectacle théâtral et lyrique au temple de Mens (voir ci après), une invitation a été faite à la Villa Cayeux et son projet théâtral, Versailles story, accompagné par le metteur en scène Mohammed Boumeghra pour son éclosion dans l'année.
Ici le festival apporte un plus : un public, un moment privilégié de valorisation ET la participation de chanteurs lyriques qui seront dans cette farce "des bouffons", invités de marque. Les deux spectacles se succèderont et se répondront. La Villa Cayeux accueille de jeunes handicapés pour leur réinsertion.
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Projet / Personnes âgées (EPAD de Mens)
Pour ces personnes, le sens de la démarche proposée n’est pas tant de médiatiser une expression que de les associer à l’événement festif que constitue le festival. Il s’agirait, une fois encore, de leur permettre de se mélanger au public courant à l’occasion d’un spectacle suffisamment consensuel.
Cependant, à partir des propositions faites par la metteuse en scène Emmanuelle Cordoliani autour des Vies minuscules il a été décidé, médiatiser en deux temps leur expression : les inviter à la parole, à huit clos, puis restituer cette parole, en y associant deux comédiens, deux photographes et deux plasticiens professionnels ainsi que des écrivains amateurs.
Vies minuscules Performances, installations, accrochages
Emmanuelle Cordoliani, Bénédicte Lesenne, Jérôme Billy, Pierre Mervant, etc. (distribution en cours)
Emmanuelle Cordoliani, met en scène les "Vies minuscules" écrites par Pierre Michon. Fil rouge du festival 2008, ce texte sera dit dans un parcours qui rythme toute la semaine. Ce parcours, comme le festival lui-même s'inscrit dans le programme, associe non seulement des comédiens professionnels, mais des amateurs, habitants et estivants, ensemble. Des danseurs, des plasticiens, des musiciens y seront associés selon les épisodes, les épisodes font écho aux histoires des lieux et des gens.
Exemples :
Episode 1 - balade entre St Jean d'Hérans avec l'association Ecoute voir, Eugène et Clara, la charrette de Jean Claude, passage à Bongarrat vers St Sébastien / Vie et mort de George Bandy, temple de St Sébastien puis sieste lecture près de l'ancienne colonie
Episode 2 - Terre vivante, chasse au trésor, chasse aux souvenirs d'André Dufourneau
Episode 5 - Reliques, travail à huit clos dans les deux maisons de retraite le jeudi 7 avec à chaque fois, une table sur laquelle sont posés des objets récupérés et scénographiés par des plasticiens, un comédien lit des extraits du livre à propos de ces reliques familiales qui évoquent tant de souvenirs, un groupe de 4 résidents accompagné par une animatrice de la maison de retraite sont là pour évoquer leurs souvenirs, les observent attentivement et discrètement un groupe d'écrivains et un photographe pour lesquels la contrainte est de produire un texte très bref ou des images pour le lendemain
Episode 5 bis - Sous la halle, installation avant l'apéro poésie, intégrant en public les objets, les souvenirs, les écritures des témoins du travail de la veille, etc.
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Projet / Personnes en situation de précarité
SEL (Système d’Échange Local) dans le cadre des spectacles joués à la salle des fêtes des Sagnes. Cette salle n’est pas fréquentée par les touristes l’été, le chapiteau était quand à lui « étranger » à un certain nombre d’habitants. Nous avons donc décidé de mettre en œuvre une installation spéciale des Sagnes pour remplacer le chapiteau et de travailler sur le parcours qui y conduit, du centre du village.
Un collectif de plasticiens va donc réaliser, grâce à la contribution du SEL une installation à partir d’objets de récupération. Des performers viendront y proposer des actions artistiques dans le cadre d’une déambulation proposée aux spectateurs peu de temps avant le début du spectacle aux Sagnes. Ils se brancheront aux ondes de la radio locale, inviteront les habitants sur le parcours à ouvrir leurs fenêtres…
Partout la possibilité d’une découverte ! Performances, installations, accrochages –
Florim Hasani, Plastick Lison, Paatrice, Sandra Edde, Mathias Forge, Sophie Durremberger
> Des arts plastiques sur la place publique, confrontés aux objets de famille, aux ondes radio, au vent et aux gestes des spectateurs
Trois couples trois manières d'agencer l'espace. Le long d’un parcours entre le village et la salle des Sagnes, quatre plasticiens, un musicien et une danseuse guideront le regardeur dans un paysage que leur geste aura quelque peu changé. Déambulation accompagnée de dispositifs sculpturaux légers et transitoires – à partir d’objets récupérés et d’éléments du paysage -, disponibles et éphémères, sculptures de passage, de danse et d’installations sonores – « branchée » sur les ondes de la radio locale -. C’est sur cette création d’une zone d’inconnu et d’incertitude, de lieux capables de surprendre le piéton que se fonde ce projet. Un parcours de sculptures discrètes, ténues et actives pour conjuguer attention et mouvement.
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Projet / Population largement exclue de la création artistique
Danseurs folks, lecteurs amateurs de poésie, comédiens amateurs rejoignant les Vies minuscules, musiciens et danseurs amateurs rejoignant la Parade du samedi : autant de proposition inter actives gratuites pour, du Bal d’ouverture à la Clôture, intégrer la population au festival et la mettre en contact avec une exigence et une diversité artistique appuyées.
6e Bal rigodon -
> Rencontres de rigodon, lundi 4 août, Halle de Mens, 21h
Le Bal rigodon fête ses 6 ans, comme s’il avait toujours existé... Comme si les vogues d’antan avaient toujours mêlé la tradition aux envolées trépidantes de ces jeunes jazzmen adoptés par le Trièves. Cette nouvelle tradition estivale réunit dans une communion festive et réjouissante des estivants et les habitants du Trièves. Du rigodon, les musiciens se sont pleinement appropriés le répertoire au contact de deux des derniers groupes de danseurs en activité : Dansons en Trièves et Le groupe familial – racines du rigodon en Trièves Beaumont. Avec eux c’est toute la halle qui chavire, les musiciens se laissant glisser vers le rock, la biguine ou la valse…Rendez-vous où la fête, le talent et la joie des musiciens se partage à celle des danseurs folks (deux groupes depuis 2007) et où la forte présence des anciens ET des jeunes réinvente la fête de village ; les habitants des quatre coins du Trièves descendent à Mens et déambulent joyeusement ; d'un point de vue musical le bal glisse des versions "traditionnelles" vers des arrangements variés (jazz, rock, tango, biguine, transes, disco...) : il y a alors une intégration réussie du festival auprès des habitants, et des habitants au sein du festival.
ApérO pOésie
> Rencontres des vers et autres alexandrins, en terrasse, le vendredi 8 août, 17h30
C'est par le partage de poèmes et de l'apéro pendant plus d'une heure et demi que la population la plus variée assiste et participe à un moment culturel, les comédiens présents sur le festival, les désormais "habitués" et les nouveaux venus, se succèdent autour de la langue et de vers…
La CLASH PARADE / Parade hyperactive
> samedi 9 août, rues des Sagnes, Mens, 15h
Avec la création menée par Juha Pekka Marsalo (Danse avec Juha/ Dansoir cf 1 Bal et du lien social) se télescopent deux objets sonores non identifiés pour une parade pas comme les autres…
La Touffe la seule fanfare interactive pour non-musiciens !
Fabrice Charles : chef de fanfare et trombone solo, premier prix du Conservatoire de Metz, il enseigne à l'Ecole Nationale de Musique d'Aurillac et joue dans de nombreux festivals internationaux.
Michel Doneda : saxophoniste improvisateur, il a d'abord joué dans l'Harmonie Municipale de Brive, puis travaille en France, au Japon et en Amérique comme soliste ou dans des formations musicales.
Ly Thanh Tiên : poète autodidacte en musique et en danse, il a produit une centaine de spectacles dans des manifestations de musique, poésie, danse, arts plastiques et visuels.
« A ceux qui n'ont jamais soufflé dans un instrument à vent (et aux autres) »
C'est une fanfare planétaire qui réveille d'anciens instruments à vent, dénichés dans les harmonies de France et de Navarre, et qui les donne en priorité à 50 non musiciens n'ayant jamais pratiqué un instrument à vent, et bien sûr aux musiciens à qui il sera demandé de prendre un autre instrument que le leur. Elle recrute tout individu de 7 à 77 ans (et même plus, cela s'est déjà vu).
« La musique de la Touffe n'appartient plus à la technique, le plaisir au travailleur acharné du piston et du souffle. La fanfare devient un son brut, rencontre bruit, cri et surtout, un immense moment de plaisir partagé et de réunion (ré)créative. Chaque Touffe est un événement unique et original. Première fanfare immédiate de musique improvisée existant dans le monde, La Touffe produit de la vraie non-musique faite par de vrais non-musiciens. Réservée à tous ceux qui ont rêvé de défiler sans se défiler ! Musique ou non, elle est jouée par tous. »
Performance, danse, éducation populaire – Juha Pekka Marsalo
> Des talents de tous à la place publique, atelier ouvert du 4 au 9 août
Associer tous les publics selon leur désir, leur compétence. Associer des vacanciers handicapés de l'Ermitage Jean Reboul et leurs référents à un groupe de danseurs valides, autour de l'artiste chorégraphe et performer Juha Pekka Marsalo. Compagnon de Carolyn Carlson, on l’a vu au CCNN de Roubaix, aux Laboratoires d’Aubervilliers, au Grand Palais...
Sous la forme d'un atelier d'une semaine, l'artiste propose aux participants de développer leur idée, leur geste à partir de presque n'importe quel support (un texte, un mouvement, une chanson...). Il propose ainsi la confrontation libre des "danseurs" les uns aux autres. Ensemble, ils participeront à la parade de la clôture du festival où les rues de Mens seront pleines de monde (et où la Fanfare de la Touffe et Bampots proposeront une fanfare interactive avec le public : il ne restera plus qu'à danser !).
Ces deux derniers projets intègrent des publics souffrant de handicaps parmi d'autres publics danseurs ou comédiens, puis à l'ensemble de la population dans un spectacle ou dans la parade.
Le travail spécifique est ici tourné vers l'art et la fête.
Enfin, les spectacles sont tous « contextualisés », mis en œuvre en réfléchissant à la façon dont ils peuvent inter agir avec le quotidien de la population qui peut fréquenter le festival : les habitants, avec les occupations des touristes, des enfants, des adolescents, des personnes âgées et handicapées.
…performances – Des spectacles inventés sur le moment
Des artistes viennent créer des œuvres en fonction des lieux, du moment de la journée, à l’aube, à la sieste, à l’apéro… Chut ! Au garage, à l’école, dans un pré… (suspens…)
Un travail est donc réalisé sur les lieux, la façon dont il est possible de proposer un parcours adapté aux différents moments de la journée, aux lieux fréquentés, d’articuler les spectacles grands publics et les spectacles plus innovants, les spectacles intimistes et les grandes jauges.
L’interdépendance croissante des actions « lien social » et des spectacles permet l’intégration des différents publics et les passerelles entre les projets, entre les goûts.
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28-03-07
Contribution d'un acteur bénévole
Contribution d’un acteur bénévole
Francis Leblon est visiteur auprès de personnes en fin de vie
Francis Leblon est bénévole au sein de l’association Mens alors ! mais aussi à l’hôpital de Grenoble où, avec sa femme, ils rendent visite tous les mercredi aux personnes en fin de vie. Il nous apporte sa réponse à la question suivante :
Seriez vous prêts à rédiger un court argumentaire sur ce qui, selon vous, en tant que bénévoles dans l'accompagnement de personnes en fin de vie, fait l'intérêt de tels projets ?
« Pour ma part, je dirais que : la mort, ou le handicap, font l’objet d’une occultation ou d’un rejet de plus en plus radical dans notre société.
Et qu’introduire une présence citoyenne dans de tels lieux (par opposition à un personnel de soin technicien) combat cette occultation.
Elle permet au malade de continuer à se sentir un être humain (malgré la destruction de son image physique).
Un être humain qui continue à compter pour les autres puisque quelqu’un trouve un intérêt à venir le voir
(ses proches peuvent être éloignés géographiquement ou psychologiquement, mais surtout lui mentent)
Cette présence montre aux proches que la mort ou la maladie ne sont pas des situations honteuses qui se vivent furtivement.
En ce qui les concerne, une souffrance vécue est porteuse d’enrichissement, contrairement à une souffrance occultée.
Un historien (Philippe Ariès), parle de la mort ensauvagée. Des personnes qui auront vécu la maladie ou la mort d’un proche dans la vérité pourront à leur tour dé-ensauvager la mort.
Au niveau de la société, on peut espérer que ce dé-ensauvagement permette à chacun d’entre nous d’être un peu moins exclu par son environnement lorsqu’il évoque un deuil par exemple.
Enfin, ce partage de l’accompagnement des fins de vie entre famille, soignant et citoyen replace tout le monde dans la « vraie réalité », par opposition au vécu virtuel recherché et promu pour son confort apparent.
Concernant les familles, il faut bien se garder de stigmatiser l’éloignement des proches. Il est certes fréquent, mais pas dominant.
De plus, il peut résulter de vécus familiaux complexes qui échappent totalement à la connaissance et à la compréhension d’un tiers.
En revanche, on peut parler de la famille épuisée : le conjoint d’un Alzheimer, les parents vieillissants d’un adulte lourdement handicapé, etc.
L’intervention même ponctuelle d’un tiers, avec lequel ils puissent parler peut leur sera d’un réconfort certain.
C’est un sujet sur lequel il est difficile d’être synthétique ! »
Francis Leblon
A Longueville, le 18 octobre 2006






























